Le 19 août 1791, Benjamin Banneker envoie à Thomas Jefferson un almanach accompagné d’une lettre. Cet homme noir libre, formé aux mathématiques et à l’astronomie, ne sollicite pas simplement une appréciation de ses calculs. Il met son correspondant face à une contradiction : comment défendre la liberté tout en maintenant des êtres humains en esclavage ?
Jefferson avait exprimé des préjugés sur les capacités intellectuelles des personnes noires. Le travail de Banneker constitue donc aussi une réponse concrète. Dans sa lettre du 30 août, Jefferson loue ses talents et annonce avoir transmis l’almanach à Condorcet, en France. Le document scientifique est devenu une intervention dans un débat politique.
Cette réponse polie ne produit pourtant pas la transformation espérée. La Library of Congress souligne que Jefferson n’apporte pas l’aide demandée et exprimera de nouveau des doutes sur Banneker. La correspondance, republiée, conserve ainsi deux histoires à la fois : celle d’une démonstration de savoir et celle d’une objection morale restée sans véritable suite.
Ce que l’on sait
La lettre de Jefferson ne signifie pas qu’il a renoncé à ses préjugés ou à l’esclavage.
Pour aller à la source
Références consultées le 21 septembre 2026. Les pages liées peuvent être dans une autre langue.
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