Sur un fond bleu profond, des algues apparaissent en silhouettes pâles. Ce ne sont pas des dessins que leur autrice aurait patiemment recopiés. En 1843, Anna Atkins commence à publier un ouvrage de botanique dont les images sont produites par la lumière : des cyanotypes. Le spécimen participe directement à la fabrication de son portrait.
L’algue est posée sur un papier rendu sensible à la lumière. Les parties qu’elle protège ne réagissent pas comme les zones exposées. Après lavage, sa forme se détache sur le bleu. Ce procédé, développé par John Herschel, permet de conserver des détails utiles pour distinguer les espèces, tout en créant des compositions remarquables.
Atkins réalise elle-même les tirages de son livre, publié en petit nombre d’exemplaires. L’ouvrage devient un jalon de l’édition photographique. Derrière son apparente simplicité se rencontrent collecte, identification, chimie et mise en page : pour faire entrer ces algues dans un livre, il fallait d’abord apprendre à laisser leur ombre travailler.
Ce que l’on sait
Atkins applique le cyanotype à la botanique ; elle n’en invente pas le procédé.
Pour aller à la source
Références consultées le 21 septembre 2026. Les pages liées peuvent être dans une autre langue.
Signaler une erreur ou apporter une précision