En février 2016, des ordres demandent de transférer près d’un milliard de dollars depuis le compte de la banque centrale du Bangladesh à New York. La plupart n’aboutissent pas. Mais 81 millions de dollars partent vers des comptes aux Philippines et entrent dans un circuit de blanchiment.
L’enquête américaine décrit une compromission du réseau de la banque à partir de courriels ciblés. Les attaquants atteignent les postes utilisés pour communiquer avec SWIFT, le système de messagerie des paiements internationaux. Ils produisent des ordres frauduleux depuis un environnement qui appartient réellement à la victime.
Il ne s’agit donc pas d’affirmer que tout le réseau SWIFT a été cassé. Le problème porte sur une extrémité autorisée de ce réseau : si les intrus peuvent se faire passer pour la banque à cet endroit, les messages ressemblent à ceux qu’une banque enverrait normalement.
Les analyses de logiciels malveillants décrivent aussi des fonctions destinées à masquer ou à altérer les traces locales des opérations. La détection et les vérifications entre établissements finissent par révéler la fraude, mais les fuseaux horaires, les calendriers et les étapes du blanchiment rendent la réaction difficile.
Les autorités américaines rattachent l’opération à une conspiration de pirates nord-coréens associée au groupe Lazarus. Des poursuites et des tentatives de récupération suivent dans plusieurs pays. Montant demandé, argent effectivement transféré et sommes ensuite retrouvées sont trois bilans différents.
Le casse est devenu un exemple de fraude rendue possible par une identité institutionnelle détournée. Le message n’avait pas besoin de venir d’une fausse banque : il pouvait partir de la vraie, après qu’un intrus avait pris sa place devant les bons outils.
Ce que l’on sait
81 millions USD effectivement volés dans le volet cité, pas près d’un milliard entièrement emporté. Attribution des autorités et accusations distinguées d’une condamnation individuelle.
Pour aller à la source
- DOJ — accusation et vol de 81 millions (nouvel onglet)↗
- BAE Systems — analyse des outils liés au casse (nouvel onglet)↗
Références consultées le 30 octobre 2026. Les pages liées peuvent être dans une autre langue.
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